Louise Lebot

texte de présentation

Tout mon travail s’articule autour d’un geste, l’enroulement et d’une forme cylindrique, la bobine. C’est mon point de départ. Ma production pourrait se définir comme une sorte de cheminement où je tente inexorablement d’explorer le potentiel créatif de ce geste.

Par ce mouvement circulaire, mes objets semblent être clos. De leurs formes rondes, qui semblent si peu enclines à se dévoiler, je tente de les amener vers une échappée, un ailleurs sans cesse insaisissable. J’ouvre une brèche, je romps ce cercle et cette continuité promise. Je dévie, créant alors une distance, un espace, un possible.

Les objets que je façonne grâce à ce mouvement ne répondent pas à une définition particulière. Je m’intéresse plutôt à la capacité qu’ils ont à générer de nouvelles formes, et comment ces formes vont elles aussi donner forme à leur tour, et ainsi de suite. L’objet se fait la cristallisation d’une étape, d’une succession de mises en forme infinie.

Je ne veux pas donner à voir, mais plutôt à entrevoir, savoir saisir ce qui se passe dans « l’entre ». Mes objets se situent toujours dans une idée de passage, d’entre-deux. Je tente alors de jouer sans cesse de l’idée d’illusion, d’instaurer un jeu perpétuel entre surface et profondeur.

Le geste dépasse alors ici le simple moyen d’exécution, il devient un élément essentiel de la construction de mon travail. Ce geste devient en quelque sorte l’expression vivante d’un rythme intérieur, il est également un principe d’unité