le virtuel est-il actuel ? novembre 2014

Nouvelle série de conférences proposées vendredi 21 novembre 2014, de 8h43 à 13h15.

Présentation

Dans notre appétence pour un autre monde, un monde qui ne serait pas la marque de notre impuissance, nous nous livrons avec passion à tout ce qui relève du virtuel et nous en faisons, du moins le croyons-nous, le blason de notre modernité. C’est ainsi que nous nous soutenons d’une image dématérialisée et d’un écran pour supposer être maître de ce réel qui nous échappe et contre lequel nous butons. D’aucuns s’en plaignent, peu enclins à accepter cette diversion, ce refus du réel en son irréductible matérialité.
D’autres se félicitent de cette modernité et revendiquent cette ouverture imaginaire vers d’autres mondes à découvrir ou à inventer. Jouer avec le virtuel serait donc, au gré des opinions, soit une perte, soit un gain.
Mais cette opposition est d’autant plus fragile qu’elle reste entée dans des définitions qui, de n’être pas interrogées, réduisent la question à des prises de position aussi superficielles que trompeuses.
L’inflation du mot « virtuel » mérite que l’on interroge son ascension au titre de concept ou, par défaut, son inscription exclusive dans le contemporain et, surtout, son appariement à des pratiques et des modes d’expression jusqu’à y inclure évidemment le design, lieu de tous les desseins.
Le virtuel n’aurait pas si grande presse s’il ne s’articulait pas, comme induit par eux, à des progrès techniques et aux supposés dangers que cette puissance génère contre la maîtrise proprement humaine. Tout cela constitue évidemment notre actualité, nos craintes et nos espoirs.
Mais rien ne nous oblige à nous contenter de l’articulation de ces différents termes, actualité, technique, virtuel, contemporanéité et réel ; car, n’est-ce pas oublier qu’il n’y a jamais eu de matière, quels qu’en soient la forme et les modes d’être, qu’à être exposée en/dans sa virtualité et que la virtualité est autant dans l’acte, dans l’actualisation que dans l’actualité ?
Pour autant, nous ne voulons pas préempter le sens que nous donnerons à ce « virtuel », aussi laissons à chacun le soin de savoir (ou de voir, de donner à voir) ce que le virtuel nous délivre ou de quoi, par le virtuel, nous nous trouvons délivrés.

Programme

8h45 : Accueil
9h00  : Ouverture – Anne-Marie Septfonds
9h30 : Marc-Vincent Howlett - L’omniprésence du virtuel est telle aujourd’hui que l’on ne sait plus ce qui relève réellement du virtuel. La réalité virtuelle nourrit autant nos peurs que nos espérances, mais sait-on par-delà ce que l’on croit connaître de la réalité virtuelle ce qu’est la réalité du virtuel ?
10h15 : Questions
11h00 : Stéphane Dumas - L’art à fleur de peau : une puissance d’actualisation. L’expérience esthétique permet l’actualisation saisissante de mondes possibles. Elle donne un corps, une présence, une immédiateté, une actualité à ce qui est du domaine du virtuel. A l’heure de la réalité virtuelle et du numérique, largement utilisés par les artistes et designers, nous nous intéresserons à certaines tendances de la création récente qui cherchent à redonner de l’épaisseur et de la corporéité au langage symbolique, infiltrant l’analogique dans le numérique, contaminant les nouvelles technologies avec le biologique.
11h45 : Questions
12h-12h45 : Pierre Giner - « Si ce monde vous déplaît vous devriez en voir quelques autres » Philip K. Dick. J’aime expérimenter les juxtapositions des mondes actuels et virtuels, réels et potentiels, et croire en ce qu’elles produissent, dans les entremêlements de la mémoire, des objets, de l’espace et du temps. Y croire tout le temps qu’elles persistent et font retour sur ce qui est là.
13h-13h15 : Clôture