Noémie Daval

balade quantique

Je m’en vais.
Je quitte les lieux, sans savoir où j’irai et si un jour je reviendrai. Mes pas et mon imaginaire me guideront, à leur guise, au plus près comme au plus loin.
Ainsi, l’espère-je, les espaces que je serai amenée à découvrir, me surprendront et dépasseront le stade de la contemplation du beau. Je gage que mes pérégrinations seront à l’image du haut de forme posé sur un coin de table, celui dont on fait subitement surgir un lapin et qui provoque l’étonnement général. Mais ce que j’attends, c’est plus qu’un dépaysement total : c’est la surprise permanente dégagée d’une temporalité codifiée -passé-présent-futur ; c’est surtout le temps prolongé. C’est la création d’espaces en continuel renouvellement.

Oui je voudrais que mes balades demeurent vives, qu’elles ne cessent de me transporter vers des ailleurs encore inconnus, qu’elles se divisent et se recomposent en jeux subtils de construction. Qu’elles soient soient immenses et finies. Qu’elles restent à jamais des balades quantiques.